Il s'agit tout simplement d'éviter de faire du mal aux autres et de les aider autant que possible. Une strophe fréquemment citée l'exprime autrement :
Abandonne l'action négative;
Crée la vertu parfaite;
Maitrise ton propre esprit.
Voici ce qu'enseigne le Bouddha.
En abandonnant les actes négatifs, tels que blesser les autres, et les réflexes destructeurs tels que la colère, l'attachement et la fermeture d'esprit, nous arrêtons de nous faire du mal à nous-mêmes et d'en faire à autrui. En créant la vertu parfaite, nous développons des dispositions bénéfiques, telles que l'équanimité, l'amour, la compassion et la joie, et nous agissons de manière constructive. En maîtrisant notre esprit et en comprenant la réalité, nous laissons derrière nous toutes les projections fausses, ce qui nous rend calmes et paisibles.
Nous pouvons aussi envisager l'essence des enseignements selon l'exposé qu'a fait le Bouddha des Quatre Nobles Vérités : la vérité de la souffrance, la cause de la souffrance, la cessation de la souffrance et ses causes, et la voie vers cette cessation. Quand le bouddha parlait de souffrance, il voulait dire que ce que nous vivons ne nous satisfait pas. Même le bonheur dont nous jouissons ne dure pas toujours, et cette situation est peu satisfaisante. Les causes de nos problèmes ne résident pas dans l'environnement extérieur ni dans ceux qui l'habizent, mais dans notre propre esprit. Les positions perturbatrices et les émotions négatives, telles que l'attachement qui réifie et qui adhère, la colère et l'ignorance sont en réalité la cause de nos malheurs. Puisque ces facteurs perturbateurs sont fondés sur des malentendus quant à la natuire de la réalité, ils peuvent être ôtés de notre courant de conscience. Nous demeurons alors dans le bienheureux état de nirvana, qui est l'absence de toutes les expériences peu satisfaisantes et de leurs causes. Il existe une voie qui permet de comprendre la réalité et de faire croître nos qualités. Le Bouddha a décrit cette voie, et nous avons la capacité de l'actualiser.
On décrit souvent la voie sous l'aspect des Trois Entraînements Supérieurs : discipline morale, stabilité méditative et sagesse. D'abords, il nous faut devenir un bon être humain qui fonctionne bien en société et vit harmonieusement avec les autres. L'entraînement supérieur à la discipline morale nous permet d'y parvenir. Comme nos actes et nos paroles sont maintenant plus calmes, nous pouvons continuer à domestiquer l'esprit en cultivant la concentration unifiée ou l'entraînement supérieur à la stabilité méditative. Cela nous amène à comprendre la nécessité de couper la racine de la souffrance, l'ignorance qui perçoit les choses comme ayant en elles la qualité d'exister; pour ce faire, et pour pouvoir percevoir la réalité telle qu'elle est, nous pratiquons l'entraînement supérieur à la méditation.
Ces trois Entraînement Supérieurs peuvent être subdivisés selon la Noble Voie Octuple. La discipline morale comprend : 1) la parole juste : la parole vraie, aimable et appropirée; 2) l'activité juste : les actes qui ne blessent pas les autres; et 3) les moyens de vie justes : gagner notre subsistance - nourriture, vêtements et ainsi de suite - par des moyens honnêtes qui ne nuisent à personne. L'entraînement supérieur à la stabilité méditative comprend : 4) l'effort juste : l'effort de contrebalancer les dispositions perturbatrices et les émotions négatives en méditant sur la voie ; 5) l'attention juste: contrebalancer relâchement et exication dans notre méditation; et 6) le mamadhi juste : l'esprit peut rester fixé de manière unifiée sur des objets vertueux. L'entraînement supérieur à la sagesse comprend : 7) la vue juste : la sagesse qui comprend la vacuité, et la pensée juste : l'esprit qui peut expliquer clairement le chemin aux autres et qui est motivé par le souhait de les voir libres de la souffrance.
Les trois principaux aspects de la voie contiennent, eux aussi, l'essence de la voie bouddhiste. Ce sont : la détermination à être libre, l'intention altruiste (bodhicitta relative), et la sagesse qui se rend compte de la réalité. Au départ, nous devons être déterminés à nous libérer de la confusion que sont nos problèmes et leurs causes. Puis voyant que d'autres aussi ont des problèmes, avec amour et compassion nous cultiverons l'intention altruiste de devenir un bouddha pour être capable d'aider les autres avec la plus grande efficacité. Pour cela, il nous faut cultiver la sagesse qui comprend la vraie nature de nous-mêmes et des autres phénomènes et qui, par là, élimine toutes les projections fausses. |